Le deuil : un processus nécessaire et personnel

deuil

Dans le langage courant, l’expression “faire son deuil” s’emploie lorsqu’il est question de renoncer à quelque-chose, y compris dans des situations légères ou sur le ton de l’humour : faire le deuil d’un vêtement devenu trop petit, ou d’un personnage supprimé dans notre série préférée par exemple. Mais dans son sens premier, le deuil est avant tout une épreuve difficile à laquelle chacun se trouvera confronté au cours de sa vie. Souvent douloureuse, mais toujours nécessaire, elle résonne différemment selon l’histoire et le vécu de celui qui la traverse.

Le deuil ou comment faire face à une perte définitive

On associe traditionnellement le deuil à la mort. Pourtant, le décès d’un proche n’est pas le seul événement susceptible de déclencher une phase de deuil chez un individu. En réalité, chacun d’entre nous se trouvera confronté au deuil à de nombreuses reprises dans sa vie, dans des domaines variés et parfois même sans s’en rendre compte.

La notion de deuil est d’ailleurs particulièrement difficile à définir, tant les situations auxquelles elle renvoie sont nombreuses, différentes, et surtout très personnelles. D’une manière générale, elle qualifie un processus adaptatif mis en place pour faire face à une perte définitive

Or, nous avons tous régulièrement l’occasion d’être confrontés à des situations de pertes définitives :

  • Décès d’un proche ;
  • Fin d’une relation amoureuse ou amicale ;
  • Perte d’emploi ;
  • Déménagement ;
  • Perte d’un objet cher à notre coeur ;
  • Diminution des capacités physiques ou psychiques (vieillissement, accident, maladie) ;
  • Échec d’un projet ;
  • Perte d’un idéal de vie…

En français, le mot “deuil” tire sa racine du latin “dolore”, qui signifie souffrir”. Il renvoie donc à la notion de douleur : celle que l’on éprouve immanquablement suite à la perte subie. Le deuil, en tant que processus comportemental, cognitif et socioculturel, a pour fonction de nous permettre d’affronter cette douleur, alors qu’elle nous semble en général insurmontable au départ. 

La durée du processus de deuil est très variable selon les individus et les situations. On considère qu’il touche à sa fin lorsque l’individu finit par accepter la perte à laquelle il a été confronté, et parvient à vivre avec. C’est pourquoi on parle parfois de processus de délivrance.

Mais attention, faire son deuil ne signifie pas pour autant oublier, passer à autre chose ou tourner la page. Ces conseils, que l’on prodigue parfois à un proche pour l’aider à surmonter l’épreuve, peuvent être ressentis comme bien trop violents, même s’ils partent souvent d’un bon sentiment.

Vivre son deuil en 5 étapes

Si chaque deuil est unique, la psychiatre Elisabeth Kübler-Ross a, en 1969, mis en évidence un modèle théorisant le processus du deuil en étapes, que chacun traverse à son rythme.

Ces étapes sont au nombre de 5 :

Le déni

C’est la toute première étape, celle qui suit immédiatement le choc que représente la perte. Elle s’accompagne en général d’une douleur émotionnelle très intense. Durant celle-ci, l’individu refuse d’admettre que la perte est réelle et préfère la nier. C’est sa façon de mettre en place un mécanisme de défense.

La colère

Faire face au deuil c’est subir une forme de détresse psychologique et ressentir une profonde injustice. On tente de trouver à tout prix un coupable à blâmer. On en veut aux autres, à soi-même, et parfois même au proche disparu, alors que d’autres en voudront à la vie, à Dieu ou tout autre coupable lié à leurs croyances.

La négociation

Une fois l’étape de la colère passée, on cherche en général à atténuer la douleur et à retarder l’inévitable. Durant la phase de marchandage ou de négociation avec soi-même, on tente de reprendre le contrôle sur quelque-chose qui n’est pas de notre ressort. On éprouve alors des pensées telles que : “Et si j’avais …”, “Si seulement …”, “Si j’agis ainsi, alors…” 

La dépression

Cette étape se caractérise par une profonde tristesse, parfois même un sentiment de désespoir insurmontable. Les moyens de défense mis en place par notre imagination sont tombés, et il est temps de se confronter à la réalité. Idées noires, remise en question permanente, perte d’énergie, diminution de l’estime de soi… C’est une période nécessaire mais particulièrement dure à traverser, d’autant qu’elle s’avère en général plus longue que les précédentes.

L’acceptation

Dernière étape du processus deuil, elle ne signifie pas pour autant que la douleur de la perte a disparu, mais plutôt qu’on a appris à l’intégrer. Il s’agit à présent de vivre avec une cicatrice plutôt qu’avec une plaie. Ce nouvel équilibre de vie, que l’on a finalement réussi à atteindre, permet de retrouver son énergie et de laisser place à un nouveau départ.

deuil et recueillement

Le deuil : une notion plurielle et personnelle

On l’a vu, le processus de deuil répond à des étapes communes, mais que chacun traverse à son rythme et à sa façon. Notre histoire, nos angoisses, notre éducation et nos croyances sont en effet autant d’éléments qui influencent notre façon de traverser cette épreuve. 

Il existe donc en réalité autant de types de deuils que d’individus. Il a toutefois été entrepris de les classifier par « familles » pour mieux les comprendre, même si la liste est loin d’être exhaustive :

  • Le deuil anticipé ;
  • Retardé ;
  • Inhibé ;
  • Non autorisé ;
  • Traumatique ;
  • Maniaque ;
  • Chronique ou prolongé.

Quelle que soit la façon dont chacun choisit, consciemment ou inconsciemment, de vivre son deuil, il est important de comprendre qu’il n’y a pas de règles : pas de bonne ou de mauvaise façon d’y faire face. 

Un deuil correspond à une histoire, un passé, une personnalité, et toutes ses manifestations doivent être acceptées et considérées à la même valeur. Une acceptation sans barrières que l’on peut attendre des autres, mais que l’on se doit aussi à soi-même. S’autoriser à vivre son deuil comme on l’entend est primordial pour ne pas ajouter à la souffrance liée à la perte celle du poids de la culpabilité.

L’importance de l’au revoir à travers des rites et rituels

Faire son deuil c’est dire au revoir, ou plutôt adieu. Pour beaucoup d’entre nous, il est primordialvoire vital –  d’accompagner la réalisation de cette étape par un acte symbolique.

Ces rites et rituels sont parfois considérés comme un simple folklore lié à la religion, à la culture ou aux convictions personnelles. Mais en réalité ils ont une importance bien plus grande et constituent une étape indispensable sur le chemin vers la vie d’après

Traditionnellement, on pense d’abord à des rituels du type cérémonie, prières, création d’un autel ou d’un lieu de souvenir

Mais lorsque l’on ne se retrouve pas dans les rituels dits “classiques”, c’est peut-être qu’il faut s’autoriser à créer son propre rituel d’au revoir. Celui-ci doit permettre à la fois de rendre hommage à l’être ou à la situation perdue, mais également de célébrer son nouveau soi, né de la confrontation au deuil. 

Là encore, pas de règle ou de barrière : création artistique autour de la danse, du dessin ou du chant, période d’introspection dans un lieu choisi, rassemblement des souvenirs matériels… À chacun de trouver le symbole qui lui parle et lui  correspond, sans forcément se poser trop de questions. Comme souvent, laisser faire le naturel et l’instinct reste la meilleure solution.

 

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